lundi 15 décembre 2008

Le point sur la politique vénézuélienne


La révolution bolivarienne a merdé. L'économie est à l'agonie, une inflation de pas loin de 50% nous ronge les burnes. Les dernières élections ont montré le vrai visage de ce que pense le peuple: on veut bien d'une gentillette réforme, mais faudrait pas pousser Mémé dans les orties.
Dans l'île de Margarita, notre bien-aimé Président (attention à la capitale, sinon c'est retour au merveilleux pays de Sarko avec un pied dans le cul) subventionne une escouade de 15'000 révolutionnaires qui s'occupent gentiment à ramasser les bouteilles vides et à gratouiller au bord des routes les mauvaises herbettes. Ils sont tous payés au Smic, pas loin de 900'000 bolos mensuels par tête d'œuf. Comme la mesure est au niveau national, on peut s'amuser à calculer à combien Papy Chavy (attention aux majuscules) doit calculer son baril pour s'assurer de rester au pouvoir. Enfin... Jusqu'au mois de mars s'entend ! Car après, si tout va bien, il sera enfin élu à vie. Alors tu penses bien que les mecs en rouge n'auront plus qu'à aller se rhabiller dans la couleur qui leur plaira...
Depuis plusieurs mois, en effet, Tonton Macoute (capitales, SVP), aidé d'une tripotée d'avocats et d'experts en détournements de lois, cherche le moyen de contourner la Constitution (qui ne l'autorise pas à se représenter, vu que la Réforme de décembre dernier n'est pas passée) tout en faisant que ça ne se voie pas trop quand même. Et le Bougre (majuscule...) a trouvé: il va recueillir 1,8 million de voix de pignoufs qui seront ceux qui EXIGENT qu'il y ait un référendum pour voter à ce que le Présidou (vous savez quoi...) puisse être élu à vie, ou plus exactement que sa réélection ne connaisse plus de limite. En clair, on va s'occuper de séduire à coup de carottes et de bâton quelques branleurs pour qu'ils représentent LE PEUPLE, qui a tellement envie que UH-UH/AH-AH puisse finir ses jours dans la peau d'un roi démocratique.
Bon, certains diront que le coup du bâton est impossible, vu que le vote est secret... Je rigole ! Pour ceux que ne le sauraient pas, voilà le topo: les votants doivent s'inscrire sur une liste avant de pouvoir passer aux urnes. En parallèle, Chacha tient aussi sa liste de ceux qui l'admirent et qui vont le soutenir. En soustrayant les seconds aux premiers il saura inévitablement ceux qui ne lui ont pas été copains. CQFD. Malin, le Cuistre...
Après ça, lesdits pignoufs ayant obtenu gain de cause, le bon peuple passera aux votations pour transformer UN SEUL article de la Constitution, justement celui qui concerne le mandat présidentiel. Pas mal, hein ? Et là, je te le donne en mille, qu'est-ce qu'on parie que les gens aimeront plus que jamais leur Grand Mufti ?
Pour ceux qui veulent en savoir plus, ne manquez pas de lire le site hautement informatif ci-joint inclus.

vendredi 5 septembre 2008

Les plages de Margarita



Les plages de Margarita... tout un roman! Bien entendu, pas question d'affirmer ici que toutes sont infectes, sales et insalubres, mais force est de reconnaître que derrière le merveilleux décor de cartes postales que nous imposent les vendeurs de rêve, certaines visions sont parfois... disons redoutables!


Bien sûr, comme dans tout paradis tropical digne du Venezuela, les déchets trônent en maîtres, histoire de rappeler que la société de consommation est le fer de lance de l'économie...

Idem pour les 4x4 qui sont fièrement exposés sur le sable, portières ouvertes, et qui vocifèrent un merveilleux reggaeton de 3000 watts, pendant que les vacanciers se rincent le gosier avec du mauvais whisky et du cola bien sucré, histoire de faire passer les empanadas et leur litre de graisse saturée...







Les routes sont joliment décorées de bouteilles de bière, de Pepsi et de papiers gras...

... tandis que les abords des restos et des posadas sont jonchés de poubelles éventrées par les chiens pendant la nuit.


Avec beaucoup de chance, les mecs auront passé un coup de balai avant l'arrivée des touristes, mais rien n'est moins sûr!



Et pour la bonne bouche, qu'en pensent donc les touristes ? 

Réponse ci-dessous de la part d'un habitant de Tenerife:

«Soy de Canarias, he viajado bastante y creo conocer lo que es turismo con un mínimo de calidad.


Estuve en Margarita y que pena de Isla (comparado con Canarias por ejemplo no le llega a la suela del zapato ni en belleza, ni en nada). 

Si quieres viajar al Caribe elige otro destino que merezca la pena.


Lo siento por los Venezolanos, bastante tienen con la miseria que estan pasando a pesar de los recursos que tienen.
En la isla, si tuviera un minimo de atención cuidado y limpieza no estaría tan mal. Hace 20-30 años a lo mejor era un buen destino turístico. 
En la actualidad esta derruida, calles y playas sucias (no hay contenedores) aunque eso si, la gente bien y buena seguridad si tienes cuidado. En cuanto a los hoteles merecen un capítulo aparte: Después de buscar mucho y ver lo poco que había nos quedamos en el H. Hesperia Isla Margarita. 5 estrellas. El que le dió la calificación debía estar borracho, se le caen 2. Buenas instalaciones, eso sí, pero adivinen, hotel sucio, habitaciones amplias pero nula limpieza. Si mueves la cama a lo mejor encuentras un muerto y por los cristales no se vé de la mierda que tienen. En recepción si ponen dos porteros automáticos no se notaría la diferencia. Los recepcionistas no te explican nada y al parecer, están sordos, todos los días hay que bajar a reprogramar las tarjetas de la habitación. Spa en reformas. Incomunicación total, los telefonos públicos instalados no funcionan. Preguntamos el primer día y nos respondieron "ya lo reportamos" nos fuimos sin poder comunicar desde el hotel. Y eso que yo busqué lo supuestamente mejor y por cierto, pagamos un dineral para unos servicios pésimos. Eso sí, es justo decirlo, la comida del hotel excelente. Peor lo pasaron unos conocidos chicharreros se quedaron en el Hotel Flamingo Villas ¿4 estrellas?. Fuimos a verlo y aquello, era un barracón del ejercito, sin ventanas, aire acondicionado ruso, el comedor en el hall y la comida con moscas y demas bichos cotidianos. Baños tipo chiquero de cerdos y no sigo. La pobre mujer se gastó una pasta para encontrarse con aquello así que se quería venir el primer día. En resumen busquen otro sitio para sus vacaciones.
Étonnant, non ?

vendredi 22 août 2008

Vidéo sur le Venezuela

Superbe vidéo
C'est moins touristique que chez certains, mais c'est aussi une réalité locale... Pas vrai?

mardi 12 août 2008

Les Jeux olympiques vus du Venezuela


Il y a semble-t-il quelques difficultés à voir les épreuves des JO depuis le Venezuela... Eh bien tant mieux! 
Regarder ces crétineries est déjà en temps normal assez déplorable en soi, étant donné le bourrage de crâne publicito-économico-décérébro y afférent, mais lorsque les épreuves se déroulent dans un pays qui foule au pied les plus élémentaires droits de l'homme, au vu et au su de tout le monde, ça confine à la plus imbécile des attitudes moutonnesques si chères aux peuples dits civilisés. Cerise sur le gâteau: Internet, télé et presse écrite sont royalement censurés depuis Pékin, tandis que les athlètes et le public sont instamment priés de fermer leurs grandes gueules et de garder le sourire. Attention, vous êtes filmés, faudrait pas que ça vous donne envie d'en profiter... Quant à la grand-messe du sport dopé par le fric, la came et la bêtise, qu'elle continue de fermer les yeux au nom du légendaire et égocentrique The show must go on...

Quoi, quoi? Ah oui... on est des imbéciles vilains empêcheurs de se distraire en rond. Bon, on en parlera aux Tibétains génocidés depuis cinquante ans avec l'aval des grands manitous du monde entier, trop heureux de pouvoir continuer de commercer avec les Chinetoques.
Finalement, les jeux du cirque romains avaient au moins l'avantage d'annoncer clairement la couleur: distraire le public de ses problèmes quotidiens pour les empêcher de trop gueuler, quitte à vendre pour ça du sang et de la souffrance!

mardi 5 août 2008

Vivre sur l'île de Margarita


En définitive, il est très facile de vivre à Margarita. Du moins en apparence. Car si les gens comme le mode de vie sont plutôt relax, les problèmes n'apparaissent que bien plus tard. Il n'est pas question, ici, de prétendre à la science infuse (contrairement aux allégations gratuites de certaines personnes, qui, elles, ont tout à vendre et donc tout intérêt à ne présenter que le beau côté du décor), mais force est de reconnaître que certaines vérités sur la vie locale sont bien peu publiées sur le Web, où les sites à but commercial et les blogs gentillets trustent les serveurs. C'est bien dommage et surtout ça fausse le jugement des gens qui vont venir habiter l'île sur les bons conseils des précédents cités. Pourtant, on ne compte plus les rêveurs qui sont venus s'installer à Margarita et qui sont repartis la queue entre les jambes, parfois en ayant tout perdu. Et la principale cause de ces méchantes désillusions, il faut le dire, est que ces gens ont été mal informés, soit par de réels escrocs soit par des inconscients qui croyaient certainement bien faire en dissimulant les côtés les plus pénibles de la vie margaritegnotte.

Bien sûr, les Vénézuéliens, avec leur sens de l'honneur mal placé mais à fleur de peau, ne peuvent que tomber d'une crise d'apoplexie lorsqu'ils lisent noir sur blanc certaines vérités sur leur beau pays – après tout, au Venezuela, si l'on en croit les autochtones, chacun est muy responsable... faut quand même l'entendre de la bouche d'un Venez pour y croire! Mais les étrangers... sont-ils si benêts qu'ils croient qu'à leur arrivée ici il n'y aura plus qu'à s'acheter une jolie maison, se dorer la pilule sur la plage en contemplant les merveilleux culs rebondis de ces dames et les non-moins fabuleux couchers de soleil ? Dans ce cas, c'est bien triste pour eux, mais viendra indéniablement un jour où ils prendront la réalité dans les dents, et là, faudra pas venir pleurer que c'est tous des méchants et des profiteurs...

Comme on s'en doute, et comme partout, la première approche du pays est la plus facile, à l'heure où le frais expatrié vit encore sur ses illusions et n'a pas encore été réellement confronté aux difficultés locales. Ensuite, après une première année où il a généralement commencé à se frotter aux pénuries alimentaires, aux coupures de courant, au rationnement de la flotte, aux services inexistants, aux administrations inefficaces, aux cliniques surbondées et sans rendez-vous, aux constructeurs incompétents, au climat insoutenable, aux comptables véreux, aux avocats menteurs, aux autochtones profiteurs, aux flics racketteurs, aux voyous sans cesse aux aguets, aux étrangers arnaqueurs, aux mécaniciens branleurs, aux condominios chamailleurs, aux voisins hurleurs, aux véhicules pollueurs, aux taxis tricheurs, on en passe et des meilleures, alors là, oui, il commence à se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle. 

Quotidien:
Bien sûr, la vie peut être très belle à Margarita. Comme partout, avec de l'argent, il y a le soleil et la mer en plus... Chacun peut y faire son trou, avec un minimum d'investissement, beaucoup de chance et pas trop de galères. Mais il faut savoir que rares seront les élus. Prétendre, comme le font certains (pour ne pas effrayer le futur client), qu'il y a plus d'arrivées d'expatriés dans l'île que de départs est totalement faux. Simplement, il faut prendre un peu de recul pour s'en apercevoir. Sur deux ou trois ans, sur cinq ans, combien sont encore là?
Prenons les quelques blogueurs francophones les plus actifs au Venezuela et observons: à une exception près (le crucifix québécois, qui n'est d'ailleurs pas dans l'île), tous ne sont ici que depuis deux ou trois ans, quand ce n'est pas moins. Revenons voir dans quelque temps pour contempler les dégâts... Certains sont restés ici 15 ans, voire 20 ou plus, parce qu'ils n'avaient plus la possibilité de partir ou qu'ils voulaient rester pour une raison ou une autre (profession, famille, retraite, etc.), mais de toute façon, combien sont-ils aujourd'hui? Une petite poignée répartis dans tout l'île, pas plus. Si la migration était si exponentielle que ça, il y aurait 2000 expatriés français de 20 ans dans l'île, et non pas seulement une petite dizaine !

En outre, à nouveau méfiez-vous des allégations commerciales des partisans du système de l'autruche: par exemple, d'après eux, il suffirait d'un peu de sucre planqué dans un placard pour faire dignement face aux pénuries alimentaires ??? Eh ben ça doit pas faire longtemps qu'ils vivent sur l'île, ces zozos-là... Le lait a manqué durant toute l'année dernière, ainsi que le PQ, avant ça c'était l'huile, ou le sucre, ou le sel, ou la farine, ou le café, puis le riz, les pâtes, la viande, le poulet, parfois le tout en même temps et pour des durées variables allant de quelques semaines au mieux à quelques mois. La chose est chronique, récurrente et ingérable. Et puis non, ce n'est pas parce que nous sommes dans une île que nous souffrons continuellement d'un manque parfois cruel d'approvisionnement, mais seulement, encore et toujours, parce que le laxisme des autochtones est tel qu'il paralyse tout ce qu'il touche. Préférez largement la vision de cet autre visiteur, qui, pourtant n'a pas eu besoin de passer 50 ans dans le pays pour voir la réalité telle qu'elle est!
Quant à l'explication de Chavez, qui prétend que les pénuries sont dues aux manquements du secteur privé, elle est totalement fausse, puisque même dans les Mercal, les magasins approvisionnés en parallèle par le système chaviste, les manques sont identiques...

Population:
Les Vénézuéliens sont gentils, on l'a déjà dit. Ils sont aussi opportunistes et branleurs, voleurs et menteurs, irresponsables et bruyants, comme il est littéralement impossible de l'imaginer pour un Européen standard. Si personne n'est parfait – parlons donc de nous: sales, impolis, bidouilleurs et mesquins – il faut toutefois reconnaître que le mode de vie d'un Latino-américain, d'un Vénézuélien en particulier et d'un Margariteño a fortiori, est aux antipodes de celui d'un Français ou d'un Allemand. Ce n'est pas un jugement, c'est un constat. Dès lors, il faut savoir où l'on met les pieds et toute la difficulté est là... Vivre au jour le jour, comme on dit vulgairement, entraîne des conséquences insoupçonnables lorsqu'on n'y a pas été habitués: irresponsabilité, inconséquence, je-m'en-foutisme, etc. Vu de l'extérieur, c'est exotique et presque rigolo... De l'intérieur, en revanche, c'est le stress garanti, tant tout devient impossible ou problématique. 
Essayer de prévoir, d'anticiper, de prévenir ou de simplement s'organiser dans un pays où le système est entièrement tourné dans l'instant présent, assure des ulcères gangréneux pour le restant de ses jours à tout Européen normalement constitué. Celui qui ne le sait pas encore l'apprendra tôt ou tard. Bon, allez, encore un petit lien sur le gars qu'a tout compris en pas longtemps... ça vaut quand même le détour!

Tiens, un jour que Dieu était en pleine création du monde et s'affairait autour du Venezuela, le bon Saint-Pierre vient à passer par là et lui dit:
- Dis donc, croyez pas que vous exagérez un peu, là?
- Comment ça ? lui répondit Dieu.
- Ben oui, regardez-moi ça... Y en a que pour ce coin, là. Vous pouvez quand même pas tout mettre au même endroit !
- Mais si, tu verras, ça va aller.
- Non mais quand même, c'est pas croyable ! Répondit Saint-Pierre. La mer, les montagnes, le soleil, la forêt, les fleuves, la faune, la flore... sans parler de l'or, du pétrole, de l'argent, de l'asphalte, du gaz... Bordel, y vont tout pouvoir faire, avec ça, ce sera les maîtres du monde en moins de deux! 
- Oui, d'accord, mais tu n'as pas encore vu les mecs que je vais y mettre...

Travail:
Pour schématiser, tout étranger qui s'installe à Margarita comprend assez vite qu'il n'est pas possible d'y être salarié et de se préserver le mode de vie auquel il est habitué. Il lui faudra donc se façonner sa petite activité indépendante. Et là, surprise: rien ne marche... La faute aux autochtones, qui ne sont intéressés par rien d'autre (ou si peu) qu'à leurs bonnes vieilles habitudes: à part vendre des empanadas, de la bière ou faire de la mécanique (et aux mêmes prix que les locaux, bien sûr), bonjour les rentrées de pognon...
Reste donc le tourisme, vu que le secteur, pour un expatrié, concerne les étrangers et leurs euros. Du coup, 95% des expatriés visent le même créneau, ce qui n'est pas idéal pour le business, faut bien l'avouer. Après, il y aura encore les démarches administratives, qui finiront de détruire le beau moral du jeune Franchouillard qui se voyait déjà vivre comme un pape dans les Caraïbes... Les mieux lotis, on l'a déjà dit, ce sont les rentiers, qui peuvent se passer une agréable retraite sans se prendre la tête avec le boulot.
Quant à la nécessité de parler le castillan, comme dit l'autre, faut pas se leurrer: ici, c'est pas autre chose que du margariteño, qu'ils causent, et vous aurez tôt fait de vous apercevoir que parler de l'espagnol pur beurre ne vous servira pas à grand chose. L'idéal, c'est d'apprendre sur le tas, à la manière autochtone. Il faut tout de même savoir que l'espagnol d'Amérique est déjà différent de celui d'Europe, d'une manière générale. Ensuite, en dehors des accents spécifiques, il y a les régionalismes propres à chaque pays latino, puis au sein même du Venezuela un Margariteño ne parle pas comme un Caraqueño de Caracas ou un Maracucho de Maracaïbo. Outre les spécialités locales, il y a encore les mots détournés de leur sens d'origine, les mots corrects mais pas utilisés dans le même contexte, les mots importés directement de l'anglais, ou déformés par l'anglais, puis les "blancs" du Scrabble, les mots passe-partout que les gens utilisent pour remplacer à peu près tout et qui rendent la conversation impossible pour un non initié, même hispanophone:
- Comotalavaïna, e la cuestión de la broma lita?
- Comono... cheverré. Seguro te aviso, todo normal
- Oké, perfecto, ablamo. Tchaopué
Notons que Ténécanéo voudra dire Tiene un escaneo?, par exemple, alors que atadehpého signifiera Atras del espejo. Après ça on ne prononce pas les "s", le débit verbal égale celui d'un supersonique atteint de la courante, le passé n'est presque jamais employé, etc. Bien du courage à celui qui parle le castillan...

Avis personnel:
Aucun. Laissons cela à d'autres. Pour une fois, on sera du même avis que les cuistres qui nous entourent: à chacun de se faire sa propre opinion. Simplement, cessons de planquer la merde au chat sous le tapis, les relents nauséabonds qui ne manqueront pas de venir titiller les narines des plus sensibles occasionnent généralement des réveils difficiles...

lundi 4 août 2008

Drame à Margarita


Il semblerait bien, à lire certains blogs bien informés, que depuis plusieurs jours de fréquentes coupures d'électricité viennent assombrir les jours heureux des Margaritaños. Ce n'est certes pas drôle mais il convient tout de même de préciser que si la formidable attitude moutonnesque des autochtones ne venait pas cautionner cette pratique, "courante" (jeu de mot) dans l'île, il y a belle lurette que ces enfoirés aux manettes des coupe-jus se seraient calmés...
Autre précision d'importance, ces coupures de courant se font au mépris total de la population, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, sans avis préalable et pour des durées chaque fois différentes, empêchant par là-même toute anticipation et toute organisation. Il n'est pas rare qu'elles surviennent plusieurs fois par jour, avec parfois juste 5 minutes d'intervalle entre deux, histoire d'occasionner quelques sympathiques fausses joies. Il n'y a plus qu'à subir et, encore une fois, fermer sa gueule, ce que les habitants de l'île font remarquablement bien, avachis dans leurs chaises le long des routes en attendant gentiment que ça revienne!
La question de savoir si la chose est politique ne se pose qu'à des esprits naïfs et fraîchement arrivés dans ce paradis tropical: à chaque élection, à chaque référendum, en effet, les coupures augmentent drastiquement (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas le reste du temps), faisant ainsi grimper l'insatisfaction et espérer que les gens se bougeront enfin pour faire changer les choses. Bien entendu, avec la nationalisation du secteur ça ne fait qu'empirer. Car de toute évidence, c'est l'opposition qui pratique généralement ce type de politique, mais ça n'empêche pas les Margariteños de s'en prendre au régime de Chavez. Pourquoi? Ben... parce que quand il n'y avait pas Chavez, il n'y avait pas l'opposition, et donc pas de problème! Réponse recueillie de vive voix auprès d'un panel représentatif d'indigènes...

Précisons encore, pour ceux qui ne sont pas coutumiers de la vie dans l'île, que panne d'électricité veut dire pas de lumière, certes, mais pas non plus de TV, d'ordinateur, de clim' (sympa quand on se tape un petit 40° à l'ombre), de cuisinière pour la bouffe, lorsque celle-ci a le malheur de n'être pas au gaz, et généralement pas d'eau vu que celle-ci est puisée dans le tank par une pompe à eau... Plus de système d'alarme, pour ceux qui en ont, et plus de portail électrique pour sortir sa tuture pour aller bosser. Cool, la vie sous les palmiers!

Maintenant, pour la bonne bouche, et pour démontrer qu'effectivement, depuis plusieurs jours, les coupures se multiplient, voici la liste fournie par un expatrié des environs, qui a eu la bonne idée de noter scrupuleusement (avec tranches horaires entre parenthèses et en rouge quelques jolis records) toutes les fois où ces messieurs de la Seneca ont fait mumuse avec le courant dans son bled du centre de l'île cette dernière année. Et qu'on se rassure, ce n'est ni la rupture d'un câble sous-marin, ni les intempéries ici ou là, ni des pannes accidentelles qui ont causé ces coupures, il suffit d'observer la précision des heures de black out – de 21h. pile à 22h pile, par exemple – pour s'en convaincre!
  • Lundi 30 juillet 2007: 2h. (10-12) + 1h.30 (12-13) + 1h.30 (14-15); total: 5h.
  • Jeudi 02 août 2007: 1h.30 (12-13) + 45’ (13-14); total: 2h.15
  • Lundi 06 août 2007: 1h. (10-11) + 1h.30 (12-13) + 1h. (14-15); total: 3h.30
  • Mardi 07 août 2007: 30’ (09-10)
  • Mercredi 15 août 2007: 1h. (09-10)
  • Dimanche 19 août 2007: 2h.45 (06-09)
  • Mardi 29 août 2007: 1h. (19-20)
  • Mercredi 05 septembre 2007: 1h. (12-13)
  • Mardi 11 septembre 2007: 1h. (14-15)
  • Samedi 15 septembre 2007: 30’ (07-08)
  • Lundi 01 octobre 2007: 30’ (16-17)
  • Mardi 02 octobre 2007: 1h. (17-18)
  • Jeudi 04 octobre 2007: 45’ (05-06)
  • Samedi 06 octobre 2007: 45’ (15-16)
  • Mercredi 17 octobre 2007: 1h.30 (13-15)
  • Vendredi 19 octobre 2007: 1h. (14-15)
  • Mercredi 30 octobre 2007: 1h. (14-15)
  • Mercredi 07 novembre 2007: 30’ (20-21)
  • Vendredi 16 novembre 2007: 30’ (15-16)
  • Dimanche 18 novembre 2007: 1h. (09-10)
  • Mercredi 05 décembre 2007: 55’ (22-23)
  • Mercredi 12 décembre 2007: 45’ ( 20-21)
  • Vendredi 15 février 2008: 3h. (06-09)
  • Samedi 21 février 2008: 55’ (18-19)
  • Dimanche 22 février 2008: 5h. (07-12); pas mal, celle-là...
  • Lundi 24 mars 2008: 1h.45 (15-17)
  • Mardi 08 avril 2008: 1h.30 (09-10)
  • Jeudi 10 avril 2008: 2h. (14-16)
  • Dimanche 13 avril 2008: 2h.50 (08-11)
  • Vendredi 25 avril 2008: 1h. (12-13)
  • Samedi 26 avril 2008: 1h. (10-11)
  • Mardi 29 avril 2008: 2h.30 (16-18)
  • Mardi 06 mai 2008: 1h.20 (14-16)
  • Mercredi 07 mai 2008: 1h.30 (13-14)
  • Mercredi 24 mai 2008: 30’ (10-11)
  • Vendredi 30 mai 2008: 45 (20-21)
  • Samedi 07 juin 2008: 1h. (08-09) + 1h. (21-22) + 1h. (23-24); total: 3h.
  • Lundi 09 juin 2008: 30’ (20-21)
  • Jeudi 12 juin 2008: 4h.30 (04-10); jolie aussi...
  • Dimanche 15 juin 2008: 1h. (19-20)
  • Lundi 16 juin 2008: 2h. (12-14) + 30’ (19-20); total: 2h.30
  • Mardi 25 juin 2008: 1h. (05-06)
  • Jeudi 11 juillet 2008: 1h. (10-11)
  • Samedi 13 juillet 2008: 6h.30 (06-13); on doit pouvoir faire mieux...
  • Lundi 14 juillet 2008: 3h. (07-10)
  • Mercredi 16 juillet 2008: 30’ (18-19)
  • Vendredi 18 juillet 2008: 1h. (15-16)
  • Lundi 21 juillet 2008: 1h. (13-14) + 30’ (15-16); total: 1h.30
  • Mardi 22 juillet 2008: 45’ (15-16)
  • Samedi 26 juillet 2008: 1h.30 (06-09)
  • Lundi 28 juillet 2008: 1h.30 (12-14) + 1h.30 (21-23); total: 3h.
  • Mardi 29 juillet 2008: 1h. (21-22)
  • Jeudi 31 juillet 2008: 2h. (16-18)
  • Vendredi 01 août 2008: 30’ (13-14) + 1h. (16-17); total: 1h.30
  • Samedi 02 août 2008: 1h.30 (22-24)
Amusant, non?
Et pour les décérébrés (Venez ou non) qui ne manqueront pas de publier ici des amabletés du genre "rentrez chez vous si ça ne vous plaît pas", on précisera que ce n'est pas parce qu'ils peuvent aller se goberger au Sambil tous les week-end en frimant au volant de leur 4x4 rutilant et en se bourrant de mauvais whisky (connaissent même pas le pur malt) qu'ils sont dans un pays civilisé... Pour qu'un jour le Venezuela cesse de figurer dans la liste des bourbiers du bas tiers-monde, faudra d'abord que sa population se sorte les pouces du cul, soit dit sans animosité aucune, bien sûr! Car ce n'est certes pas un manque de moyens qui fait du Venezuela un pays inconfortable à bien des égards, ce n'est que le laxisme de ses ressortissants, incapables de se prendre en charge et de relever leurs manches. 

Et pour ceux qui n'y croient pas, qu'ils demandent seulement à des Colombiens, des Écuatoriens ou des Brésiliens ce qu'ils pensent des Vénézuéliens... ils constateront qu'il n'y a pas que de vilains expatriés français à observer d'un œil critique ces rois du je-m'en-foutisme et de la fénéantise! Triste réalité, mais réalité quand même...

jeudi 31 juillet 2008

Campagne des élections régionales au Venezuela


Etant donné les stupidités qui se disent ici ou là dans les médias occidentaux sur le Venezuela et le chavisme en particulier, il n'est pas inutile que certains blogueurs courageux prennent sur eux d'offrir un aperçu de la situation depuis l'intérieur du pays.
On ne reviendra certainement pas sur le bienfondé ou non du chavisme, mais on soulignera cependant quelques points qui méritent d'être relevés (on se fera insulter par certains, mais c'est pas grave):
- Hugo Chavez a incontestablement fait et continue de faire beaucoup pour le pays. Rien à dire là dessus, ceux qui parlent sans savoir d'une dictature vénézuélienne n'ont jamais visité les geôles de Pinochet ou de Staline... Pour rappel, la première chose que fait un régime totalitaire est de museler la presse et d'empêcher la liberté d'expression. Or au Venezuela, l'opposition détient tous les médias privés et hurle plus que n'importe où ailleurs son dégoût du président... Drôle de dictature!
- Le président vénézuélien a soi-disant entamé une dérive vers une politique type Cuba. Moui, c'est probablement vrai, ici le "tout à l'État" se développe à grande vitesse et des directives a priori positives, comme la Ley seca, – interdiction de vente d'alcool pendant les fêtes, officiellement destinée à diminuer les accidents de la route dus à l'ébriété –, le projet de censurer les médias et Internet afin de protéger la population des inepties qui s'y diffusent, ou celui d'interdire les strings pour les nanas sous prétexte qu'ils portent atteinte à la morale et à l'honneur de la femme, ou encore d'imposer une seule voiture par foyer par solidarité, commencent gentiment mais sûrement à empiéter sur le terrain des libertés individuelles. A surveiller de près, donc. 
- L'échec du référendum de décembre 2007 a été le signe clair donné au président qu'il avait atteint les limites de ce que le peuple vénézuélien était prêt à accepter en matière de réformes. Preuve en sont les milliers de grafitis disant "OUI au chavisme MAIS NON à la réforme", indiquant par là-même l'émergence d'une nouvelle branche d'un chavisme "modéré".
- Depuis son accession au pouvoir, Chavez a efficacement lutté contre la corruption, il suffit de voir le nombre d'obstacles qui se dressent maintenant sur la route des expatriés pour obtenir des papiers officiels, alors qu'il y a seulement quelques années il suffisait de payer pour obtenir à peu près n'importe quoi. Le revers de la médaille, en revanche, c'est que dans nombre de situations le système de corruption ne fonctionne plus mais que rien d'efficace ne l'a remplacé. En pratique, si on ne peut presque plus obtenir une cédula de complaisance (une vraie de vraie s'entend, avec enregistrement dans le système, etc.) il est tout aussi impossible de l'obtenir en allant pointer à l'Onidex. Le grand danger de la chose, c'est que comme le Venezuela occidentalise dangereusement ses méthodes de contrôle, par exemple en informatisant les registres notariaux afin de vérifier les possessions de chacun, il fait ainsi planer de tristes représailles sur ceux qui ont le malheur de n'être pas en règle... Et comme se mettre en règle reste l'une des choses les plus difficiles dans le pays, des jours sombres se préparent pour dans pas longtemps!
- Est-ce que les mesures de Chavez auront de réelles répercussions positives au Venezuela? Permettons-nous d'en douter! Pourquoi? Simplement parce que la force d'inertie du peuple est telle qu'il ne suffit pas de donner l'accès gratuit aux écoles pour que les enfants s'y précipitent... Il est tellement plus simple de ne rien faire! En conséquence, le mode de vie vénézuélien qui consiste à tout attendre d'un État providence, et que Chavez alimente à coup de subventions, risque bien d'engluer pour toujours les meilleures intentions du monde.

mardi 29 juillet 2008

Transports publics à Margarita


Les transports en commun, à Margarita, faut vraiment avoir envie: la chaleur y est indescriptible, les gens amassés comme des pilchards en multipacks, les arrêts fixes indéchiffrables à moins d'être natif du coin, la lenteur aussi exaspérante qu'une course de côte entre gastéropodes apathiques.
Comme nous le précise notre inégalable ami, il existe sur l'île plusieurs types de transports en commun:
Les minibus qui sillonnent l'île de part en part sont la principale cause des bouchons, de la pollution et du bruit. Hyperbondés, ils sont conduits par des malades mentaux qui jouent autant des coudes que de l'avertisseur et qui prennent les pueblos pour les lignes droites d'Indianapolis. Carburant à pas loin de 50 litres au cent de gasoil enrichi, ils soufflent leurs vapeurs nauséabondes partout où ils passent, et de préférence dans la gueule des piétons qui ont le malheur de se trouver à moins de 300 mètres. Rois de la route, ils s'arrêtent sans cesse au beau milieu de la chaussée pour laisser monter et descendre leur clientèle et bloquent la circulation dès qu'ils peuvent. Le coeur de Porlamar, la ville principale, est leur terrain de jeu privilégié: ils s'y retrouvent par dizaines et coincent tous les axes par leur présence agglutinée, ce qui est particulièrement pratique dans une cité où la majeure partie des rues sont à sens unique...
Bon, si on n'aime pas le bus on peut toujours prendre les taxis collectifs, qu'on appelle ici des por puestos, parce qu'on y loue sa place à l'unité. Si on n'apprécie pas trop la promiscuité locale, on peut les affrêter pour soi tout seul et ça devient alors un simple taxi, mais il faudra bien sûr payer pour toutes les places inoccupées. En fait, les por puestos, c'est rigolo: généralement, il s'agit de véhicules ayant connu au bas mot la guerre des Gaules et qui sont dans un état que deux fois sur trois il faut s’arrêter pour changer des bielles en cours de route. Ces voitures roulent, d’accord, mais faut avoir confiance: pare-brise explosés, carrosseries parties en vacances, châssis voilés, garnitures intérieures inexistantes, portes qui ne ferment pas, pneus usés à la corde, phares cassés, etc. Y a que le moteur et les freins qu’ont l’air de tourner pas trop mal. Le minimum vital. C'est d'ailleurs pour cette raison que les chauffeurs ne dépassent pas le 25 km à l’heure... En plus, comme y a pas de clim’ on a bien le temps de sentir la chaleur à travers les fenêtres et la tôle défoncée… Il n'est pas rare que sur un trajet il faille poireauter sur le bord de la route en attendant que le gugus répare sa chiotte, ou alors finir à pied ou encore tenter sa chance avec la voiture suivante. C'est une expérience...
Ici comme presque partout dans le monde, les transports publics se sentent une espèce de droit divin à faire ce qu’ils veulent, en particulier chier le monde; ils sont chez eux sur la route et les autres n’ont qu’à bien se tenir ! Dans le cas des por puestos, incontestablement les véhicules les plus dangereux du trafic, ça devient du délire généralisé… Eux, ils s’arrêtent n’importe où et n’importe comment pour faire monter et descendre leurs clients. Pas un arrêt fixe – ou alors il faut bien connaître l’endroit pour le savoir – pas un signe qui permette de deviner qu’ils vont s’arrêter, sauf si des gens font de grands gestes depuis le trottoir. Le pire, c’est que la plupart du temps leurs bagnoles ne sont pas identifiables, vu qu’ils devraient avoir des plaques jaunes de taxi mais que bien souvent ce sont des mecs qui biznessent avec leur propre bagnole et sans aucune autorisation. Donc pour les repérer, c’est pas la joie.
Pour les taxis standards, en revanche, on a généralement à faire à des koréanneries et des japoniaiseries, ce qui est bien dommage car ces vieilles amerloques – la plupart du temps des américaines des années 70 ou 80 – avaient bien de la gueule! Les chauffeurs conduisent souvent comme des Mad Max surchauffés à l'acide, ce qui permet de traverser toute l'île à la vitesse d'un Mig-35 par vent arrière. Par contre, les nids-de-poule et autres spécialités macadamesques typiquement vénézuéliennes seront particulièrement bien ressenties!
Dans tous les transports de l'île, exceptés les taxis sauvages, c'est-à-dire des privés qui embarquent du monde pour arrondir leurs fins de mois, les tarifs sont fixes, bien qu'il n'y ait aucun compteur dans les véhicules; ça vaut aussi pour les por puestos – Conseil si on ignore le tarif en vigueur: bien regarder les échanges de monnaie entre le conducteur et les clients. Depuis les hôtels, l'aéroport ou les centres commerciaux, les prix sont normalement affichés, mais méfiance tout de même à l'opportunisme légendaire du Vénézuélien moyen...
Good luck, folks !

vendredi 25 juillet 2008

Les paradoxes du Venezuela


Comme tous les pays, le Venezuela est un pays bourré de paradoxes, mais comme le souligne notre inestimable ami, il y a tout de même quelques exceptions. Cette mise en garde établie, voyons donc de quelles contradictions est faite la société locale...
Richesse-Pauvreté:
Malgré que ce pays soit l'un des plus riches en matières premières, le premier regard que l'on pose sur lui en arrivant est choqué par la pauvreté et la saleté ambiantes. Normal, personne ne lève le plus petit doigt pour simplement bosser. Ici, la loi du plus laxiste domine, c'est à celui qui en fera le moins possible. Certains travaillent, certes, lorsque la bière vient à manquer ou si pour une raison ou une autre il y a nécessité, mais sinon c'est le hamac ou la chaise au bord de la route, à regarder passer les piétons et les voitures. C'était déjà le cas sous Christiophe Colomb (lisez donc son journal de bord, c'est édifiant), ce qui prouve que les Espagnols n'ont pas amené grand chose à la race préexistante dans la région, qui, rappelons-le au passage, ne connaissait ni le travail du fer, ni l'écriture, ni même la roue à l'arrivée des méchants conquistadores (attention, on va encore se faire incendier par les "touche pas à mon pote Vénèze"...). Bref, les infrastructures publiques – et privées – sont donc laissées à l'abandon, c'est bien trop d'efforts de les entretenir. Il est bien plus simple d'attendre que tout s'écroule et de reconstruire derrière, surtout avec la manne du pétrole qui n'est pas prête de s'épuiser.
Gentillesse-Insécurité:
Les gens dans le pays sont très gentils, rien ne sert de le nier. Aimables, serviables, jamais malintentionnés... Vraiment? Le trait caractéristique de la société vénézuélienne est pourtant l'opportunisme. Entre eux, déjà, mais surtout face aux étrangers, bien sûr, l'opportunisme est une loi. Chacun doit trouver le moyen de profiter des autres, pour éviter d'avoir à travailler ou fournir des efforts. Un expatrié de longue date disait un jour: «Ici, il faut veiller à ne pas devenir l'opportunité des autres...» Dans une famille de 10 ou 12 personnes, il n'est pas rare qu'un seul d'entre eux travaille et fasse donc vivre les autres. Personne ne dit rien, la chose est acceptée, c'est la norme. Bien entendu, cela engendre de la rapine, du vol et autres joyeusetés; on peut difficilement passer son temps à claquer du fric au Sambil sans un minimum fournir d'efforts pour se faire un salaire! Au rayon des brigandages et des secuestro express, le Venezuela est ainsi passé roi, avec l'aval de la police, qui est loin de chercher à intervenir, surtout quand les victimes sont des étrangers pleins aux as...
Serviabilité-Inefficacité:
La serviabilité et la solidarité sont des mythes au Venezuela, et surtout à Margarita. Ici, les gens ne vivent que pour eux, sans jamais se préoccuper de ce que vivent les autres. C'est vraiment à chacun sa merde et les chèvres seront bien gardées, une réalité vérifiable à tout instant dans tous les pans de la société. Alors comment expliquer l'apparente serviabilité des autochtones, par exemple lorsqu'ils vous dépannent au milieu de la route sans compter leur temps? Simple, c'est pour 2 raisons qui n'ont strictement RIEN à voir avec la serviabilité:
1) La curiosité... Ici il faut voir, savoir, comprendre ce qui se passe chez les voisins ou les passants. Bien plus que n'importe où ailleurs, le Vénézuélien moyen, et surtout le Margariteño, insulaire par définition, veut mettre son grain de sel dans tout ce qui passe à sa portée. Alors une bagnole en rade, c'est une conversation familiale assurée pour plusieurs heures à son retour chez lui... Ne parlons pas de si le mec dépanné est un étranger, avec une bagnole exotique ou hors de prix: le must!
2) Le temps ne compte pas, alors s'arrêter pour voir ce qui se passe ne lui coûtera rien et le détendra pour la journée. En plus, ça lui donnera une excellente excuse pour arriver en retard à son boulot ou poser un lapin – le sport national – à un rencart.
Machisme-Soumission:
Comme tout pays latino qui se respecte, le Venezuela est truffé de machos et les gonzesses adorent ça. Pour emballer une nana, ici, faut assurer côté roulage de mécaniques, sinon on est considérés comme de vulgaires tarlouzes. A moins, bien sûr, que l'on n'ait recours à quelque jeune fille consentente pour quelques bolivars, auquel cas celle-ci ne fera pas trop d'histoires devant les manières un brin efféminées (lisez "galantes") de son compagnon d'outre-Atlantique.
Contrairement à ce que pensent la plupart des expats qui ne vont que très rarement voir ce qui se passe chez le populo local, les hommes n'entretiennent en rien le foyer... En fait, lorsqu'ils ont du taf, les mecs filent un chouïa de leur revenu à leur nana et gardent le reste pour aller se payer des bières avec les potes. Si le foyer tourne, si les gosses ont des vêtements, si la famille ne crie pas famine, c'est juste parce que les gonzesses économisent comme des souris sur les maigres pépettes que leur allouent leurs généreux maris. En public, par contre, c'est le mec qui paie, quoi qu'il arrive, et même dans le cas où le gars n'aurait plus un rond pour ramener sa greluche en taxi, cette dernière ne sortira pas un bolo pour l'aider, même si elle a sa cagnotte personnelle sur elle. Idem pour les bonnes manières et la politesse envers le sexe faible: ici tout n'est que paraître, encore et toujours... A la maison, la gnôle aidant, les tartes volent bas et la tromperie est monnaie courante!
Modernité-Ancienneté:
ici, les vieilles bagnoles américaines côtoient sans vergogne les derniers modèles de chez Peugeot ou Chevrolet: normal, c'est une question de blé! Les nantis ne se privent pas d'afficher devant le peuple ébahi les millions de salaires qu'ils se font grassement sur le dos du citoyen lambda chaque mois. En revanche, les peigne-culs ont aussi maintenant de quoi s'équiper quasi gratoche grâce aux nombreuses aides et subventions de Papa Chávez, qui n'hésite pas à octroyer des crédits à la pelle ou à payer la moitié des nouvelles bagnoles pour les gagne-petits.
Respect-Incivilité:
A Margarita, tout le monde se fout de tout le monde, l'a-t-on déjà dit? En conséquence, c'est pas la politesse qui risque d'étouffer le peuple local. Surtout que la politesse est étroitement liée à l'éducation et que, comme on l'a déjà sous-entendu, c'est pas le point fort des autochtones... Résultat, personne ne dit jamais "bonjour" ou "merci", les services sont déplorables dans tous les commerces, les gens se tirent la bourre dès qu'ils peuvent, se font des queues de poisson à la moindre occase. Ici, tout est dû à tout le monde: rien ne sert de demander poliment, y a qu'à exiger, voire faucher. Tellement plus simple et plus accomodant! Par contre, comme expliqué précédemment, ATTENTION AU PARAÎTRE: donc il convient de faire semblant d'être des gens biens, donc il n'est pas question d'élever la voix ou de s'insulter... On n'est pas des sauvages, tout de même!

mercredi 23 juillet 2008

Contrôles d'alcoolémie à Margarita


Notre inénarrable confrère et néanmoins ami nous indique que le quotidien Sol de Margarita (formidable source d'informations qui consiste en une feuille de chou principalement remplie de petites annonces et de réclames publicitaires) nous informe que les autorités locales ont décidé d'opérer des contrôles du taux d'alcoolémie au volant. Bien. Bonne chose. Surtout pour la police, qui pourra faire de substantiels bénéfices sur les étourdis qui ne se seront pas méfiés.
Ici, les contrôles routiers se nomment des alcabalas et sont le principal moyen qu'ont les policiers d'arrondir leurs fins de mois. C'est au point que bien des gardiens de la paix, le soir, une fois leur service terminé, ressortent pour mettre en place des contrôles sauvages afin de faire raquer le citoyen moyen, qui a toujours quelque chose à se reprocher, surtout dans un pays où il est presque impossible de se mettre en règle tant l'administration est pesante et inefficace.
Dans les faits, les barrages de police, même s'ils permettent d'appréhender de réels contrevenants, sont surtout efficaces pour repérer les individus susceptibles de cracher au bassinet. Une fois arrêtés sur le bord de la route, ceux-ci n'ont plus qu'à négocier pour éviter le séquestre du véhicule, une mesure généreusement pratiquée par les agents en cas de refus de coopérer et qui se solde généralement par des troubles à n'en plus finir pour récupérer le véhicule, où ce qu'il en restera d'ici là. Donc on parlemente, on explique, on marchande et au final on s'arrange en réglant ce que le policier nomme subtilement un regalo, c'est-à-dire un "cadeau", afin d'éviter des embrouilles bien plus problématiques, ce dont les deux parties sont pleinement conscientes.
Si toutes les classes sociales sont visées par le racketteur de la route, le prix du regalo sera bien entendu fixé selon les moyens – réels ou supposés – du pauvre mec arrêté. Pas besoin de préciser que les étrangers ont droit à un barême muy especial et fort privilégié par rapport au maçon qui rentre chez lui au volant de sa Malibu déglinguée.
Pour la petite histoire, il faut savoir que théoriquement, comme aux États-Unis, il est interdit de boire de l'alcool au Venezuela sur la voie publique. D'ailleurs, à Caracas, nombreux sont ceux qui ne s'y risqueraient pas. A Margarita, en revanche, le mode de vie plutôt décontracté des autochtones permet de se pinter la gueule sans souci sur le trottoir de la licorería du coin, bien souvent en compagnie de policiers qui viennent sans complexe y chercher les bières qu'ils siffleront au volant, quand ce n'est pas au guidon de leur moto, sans casque et avec une donzelle en selle.
Bref, on l'aura compris, l'opération anti-alcool au volant sera excellente pour renflouer les caisses de ces messieurs de la force publique, particulièrement dans ce pays où tout le monde s'envoie de la bière et du mauvais whisky à longueur de soirées et de week-end. Par contre, pour faire baisser le nombre d'alcooliques au mètre carré, il y aura encore bien du boulot...
Et pour ne pas terminer sur une note trop négative (certains s'en offusquent régulièrement), citons deux anecdotes qui font plaisir et nous réconcilient avec le mode de vie local:
- Lors d'une beuverie digne des plus remarquables soirées entre Polonais, un expat et sa famille se sont faits sermonner par des flicards qui pointaient aux abords d'El Agua. Devant l'état de Monsieur les policiers ont obligeamment insisté pour que Madame prenne le volant car il y avait des enfants en voiture et les badauds (fort nombreux) étaient déjà endeuillés pour eux... Le lendemain, la femme se renseigne auprès d'un autochtone pour savoir ce qui se passe au niveau légal lorsqu'il y a contrôle de police: amende, retrait de permis et tutti quanti. Rien, répond le Venez, normalement, les policiers donnent des aspirines au personnage imbibé et, au besoin, le ramènent chez lui pour qu'il n'y ait pas d'accident. Formidable pays où la sollicitude des habitants – flics compris – n'a souvent pas de limites!
- L'autre jour, une famille de Venez de Caracas arrive sur son lieu de résidence estivale au volant d'une Renault Logan. A bord du véhicule: 9 personnes (4 enfants, mais tout de même) avec poussettes et bagages, qui comprennent le nécessaire pour cuisiner, dormir et aller à la plage... Décidément, on ne cessera jamais de rigoler avec les autochtones. Ceci dit, les contrôles routiers sur la surcharge (éventuelle) des voitures risquent de pas mal rapporter...

lundi 21 juillet 2008

Respect des lois vénézuéliennes

La loi vénézuélienne interdit à tous les étrangers et ressortissants nationaux de critiquer les actions du gouvernement, sous peine de vives représailles, comme l'amende, l'emprisonnement ou l'expulsion. Dont acte.
Certains semblent donc avoir pris peur devant le danger de perdre leur place au paradis tropical le plus prisé des Caraïbes, et donc renvoient l'image la plus lisse possible de ce pays, certes bourré de qualités, mais aussi fâcheux que n'importe lequel autre dans le monde. Dommage... Si les premiers concernés, les expatriés, confrontés à la réalité locale mais qui bénéficient d'un regard extérieur, ne s'autorisent pas un peu de pince-fesses, qui le fera? Les Vénézuéliens ? On en doute ! Ici, tout est beau et tout le monde il est gentil; ça rappelle du Jean Yanne, l'humour en moins...
A peine s'autorisent-ils (les Vénézuéliens) quelques critiques du bout des lèvres du genre que oui, ils aiment un peu trop la fête, et que, surtout, c'est tout de la faute de ceux qui sont pas instruits, qu'entre eux ils appellent les monos, c'est-à-dire les singes! Pas grave, il suffit de venir se frotter aux autochtones pour réaliser la difficulté qu'il y a à évoluer dans un monde où seul le paraître a de l'importance. Les façades des maisons qui sont seules peintes, laissant le reste de l'habitation en friche, quand ce n'est pas pire, n'en sont-elles pas un parfait exemple?
L'opportunisme, le mensonge, le vol (plus ou moins aggravé), le racisme (demandez aux Indiens, aux Noirs et autres Chinois ce qu'ils en pensent), le manque chronique (et la plupart du temps volontaire) d'instruction et d'éducation – partant: d'hygiène, du culture et de politesse –, la corruption, le je-m'en-foutisme, l'irresponsabilité, l'incapacité à affronter les contrariétés – qui engendre l'ineffable fuite en avant du trop fameux "mañana" –, à fournir des efforts, à être curieux (essayez de leur faire manger autre chose que des empanadas), sont autant de facettes du réel vénézuélien (et surtout margariteño, convenons qu'ailleurs la situation est généralement meilleure) qu'il convient de cacher sous le tapis... C'est qu'il faut vendre l'île, le pays, la destination. Notre survie en ces lieux est à ce prix, quitte à fermer sa gueule sur tout le reste. Ouaip...
Les Vénézuéliens sont des gens charmants. Bourrés de gentillesse et de sympathie. Leur pays est beau, très beau. Leur gouvernement est plein de bonnes intentions et a déjà changé pas mal de choses. Oui. Et il faut respecter ses lois. C'est l'évidence. Et puis fermer sa gueule, aussi. Et ne pas prononcer certains mots. Ne pas être ordurier. Ni non plus grossier. Ne pas être méchant avec les gens. Ne pas faire pipi dans les coins. Peut-être aussi devenir un peu catholique. C'est mieux pour la paix des ménages.
Voilà, on a fait le tour, non?

jeudi 17 juillet 2008

Campagne écologique à Margarita


«La Isla es tu casa ¡cuídala!»
Voici le nouveau slogan de la dernière campagne de nettoyage de l'île. Parce qu'il faut dire que pour un paradis, Margarita fait plutôt triste figure et aurait davantage des allures de décharge publique que de "perle des Caraïbes". Partout, dans les espaces publics mais aussi dans les enceintes privées, autour des maisons ou sur les plages, s'amoncellent des bouteilles vides, des paquets de chips, des ordures et des déchets. La chose n'est d'ailleurs pas limitée à la seule île de Margarita, mais c'est peut-être un peu plus marqué ici qu'ailleurs au Venezuela étant donné le laxisme légendaire et le sinistre manque d'éducation des insulaires.
Margarita est donc un sorte de grand container à ciel ouvert de déchets et cette nouvelle campagne est la bienvenue. Pourtant, au vu des habitudes indigènes on peut fortement douter de sa future efficacité. Il ne s'agit pas ici de saper d'avance le beau et désintéressé moral des troupes, mais de tempérer les sauts de joie de certains, qui n'ont pas totalement saisi que jeter ses déchets par la fenêtre de la voiture ou sur le patio même de sa maisonnette était si profondément ancré dans les moeurs vénézuéliennes qu'il y a (malheureusement) fort à parier que la démarche s'apparentera plus à un emplâtre sur une jambe de bois qu'à une réelle prise de conscience.
Notons tout de même que le phénomène n'est pas propre au Venezuela et que de très nombreux pays "en voie de développement" (ça fait mieux que du "tiers-monde") connaissent ce genre de situations, probablement plus liées au niveau d'éducation qu'à un éventuel déficit génétique.
Ceci étant dit, la problématique renvoie à celle, plus générale, des réformes et des efforts engagés par le gouvernement de Chávez, qui sont probablement plus destinés à s'enliser dans la formidable force d'inertie du peuple vénézuélien qu'à modifier un paysage de plus en plus sombre... 

mercredi 16 juillet 2008

Acheter sur l'île de Margarita

Q. Quels sont les documents nécessaires afin d’acheter un bien immobilier?
- Tout le monde peut devenir propriétaire au Venezuela, même un simple touriste. Passeport (le visa n'est pas obligatoire si vous avez la Tarjeta de Ingreso, la feuille verte remise dans l'avion et qui fait office de visa pour les Européens) et un RIF personnel, un numéro de contribuable gratuit et facile à obtenir au SENIAT, l'administration fiscale.
- Il faut toutefois savoir que pour vendre quoi que ce soit il est IMPÉRATIF de signer avec son épouse ou mari, ce qui, en cas de visite-éclair, peut parfois jouer quelques mauvais tour (votre femme ou mari n'est pas forcément avec vous à ce moment-là).
Q. Pourquoi NE SURTOUT PAS investir dans un bien immobilier à Margarita ?
- D'abord, s'il est vrai que les prix de l’immobilier restent très abordables à Margarita [avec des premiers prix à environ 20000 euros pour un appartement équipé, dans une résidence avec vigile, portail électrique, piscine et jardin tropical. Ceux qui vous parlent de premiers prix à 50000 ou 60000 euros sont des profiteurs... Les prix locaux n'ont rien à voir avec l'Europe, et même le reste du monde, alors la marge est suffisante pour ces derniers de présenter des prix très attractifs tout en se faisant de la laine sur le dos des étrangers qui ne sont pas au fait des prix réels pratiqués ici. Quand ils le seront, au fait, ce sera trop tard], en revanche, il faut savoir que la qualité (déplorable) de la fabrication locale est bien évidemment en rapport avec son faible coût. Toute construction, au Venezuela, est de qualité lamentable, il vaut mieux le savoir avant d'acheter. La faute aux matériaux de très basse condition, mais aussi à la main d'oeuvre qui n'est jamais qualifiée, au mieux expérimentée, ce qui ne suffit pas à nos habitudes européennes. Lapalissade: si on veut obtenir une qualité proche de ce à quoi on est habitués, c'est souvent impossible, mais si ça l'est parfois le prix sera du coup très proche de ceux pratiqués en Europe... Eh oui, ici non plus, il n'y a pas de miracle!
- Contrairement à ce qui est souvent affirmé par des sites à but commercial qui font de la retape en Europe, Margarita est un très mauvais endroit pour faire des placements. Comme disait un expat célèbre dans l'île: «Margarita est un excellent endroit pour y passer sa retraite, mais surtout pas pour y faire quoi que ce soit d'autre»! Tout d'abord il y a le problème du contrôle des changes. Techniquement, tout investissement dans le pays doit passer par la SIEX, un organisme officiel qui va vous obliger à montrer patte blanche et à changer votre argent au taux officiel. Or à ce jour, le dollar officiel se change à 2150 bolivars et le taux au noir, base de toutes les transactions et qui permet aux étrangers d'y gagner "au change" est à plus de 3000, et a même été jusqu'à 6000 l'automne dernier. Le manque à gagner est donc considérable! Bien entendu, tous les étrangers contournent la SIEX (quand ils savent que le service existe...) et font leur petite popotte sans rien demander à personne. Du coup, ils sont techniquement hors-la-loi, ce qui en soi n'est pas très grave mais peut à tout moment le devenir, surtout sous le régime de Chávez, qui a la fâcheuse tendance à vouloir mettre le nez partout... L'autre gros problème en cas d'investissement à Margarita, est que lorsque vous voudrez revendre votre bien immobilier vous toucherez de l'argent en monnaie locale, c'est-à-dire en bolivars, ce qui ne vous servira pas à grand chose... Vous pourrez rechanger vos bolivars en dollars, certes, mais au black et à méga-perte... Il y a nettement mieux comme manière de gagner de l'argent!
-Une autre bonne raison de ne pas investir dans l'immobilier à Margarita (sauf si on veut y habiter, bien sûr), est que vu le climat (plus ou moins 35 degrés en moyenne sur l'année), le sable, le sel, les pluies tropicales, les insectes omniprésents et la mauvaise qualité des constructions font que ces dernières se dégradent à une vitesse supersonique. Cela occasionne donc une maintenance de tous les instants: les clims, les appareils électriques, les véhicules, les moteurs de pompe à eau, les toitures se décomposent, ce qui force à réinvestir sans cesse le peu gagné par les éventuels loyers touchés. Et ceci sans parler de l'énergie perdue en déplacements de toutes sortes pour aller chercher du matériel de réparation, des ouvriers, etc. Par ailleurs, l'île est fréquemment en rupture de matériaux (ciment, briques, etc...), ce qui repousse souvent aux calendes grecques certains travaux.
- Si, par malheur, vous avez déjà investi dans l'immobilier à Margarita en pensant faire une affaire, vous vous rendrez vite compte que: si vous louez en temporada (saison touristique) à des Vénézuéliens en villégiature, le montant de la location possible sur une année couvrira à peine les frais d'entretien annuels (réparations, charges, condominio - frais collectifs de la résidence ou de l'immeuble). Si vous louez à des étrangers, il faudra d'abord les convaincre, et comme l'offre est plus qu'importante dans toute l'île il faudra méchamment jouer de l'ADSL pour les attirer. De plus, les étrangers ne fréquentent que peu l'île par rapport aux touristes nationaux, ce qui limitera considérablement le nombre de semaines louables. Par ailleurs, les petits soucis du quotidien (par exemple les sempiternelles coupures de courant, jusqu'à plusieurs heures plusieurs fois par semaines, ou le rationnement d'eau, souvent drastique pour ne pas dire plus) qui n'effraient pas les Vénézuéliens, habitués à pire, vont salement dégoûter des touristes habitués au tout confort et services que l'on peut rencontrer en Asie, par exemple, sans parler de ce qu'ils ont à domicile. 
- Reste encore la personne de confiance qui devra se charger de gérer votre bien en votre absence... Pas si simple et pas si bon marché! Au cas où vous devriez laisser vide et sans surveillance votre achat immobilier, vos chances de le retrouver intact et sans squatters quelques mois plus tard serait de l'ordre de... disons 0,5% !
- Disons encore que si les démarches sont effectivement assez faciles pour acheter à Margarita, il faut tout de même savoir que les arnaques sont légions et qu'il vaut mieux maîtriser la langue de Cervantes avant de se lancer à l'aveuglette dans un monde où tout paraît bleu-caraïbe mais où les requins ne sont jamais loin... A commencer par les Français expatriés qui n'attendent que votre confiance pour arrondir leurs fins de mois!
A bon entendeur.

lundi 14 juillet 2008

Miss Univers 2008 est vénézuélienne


































Dayana Mendoza, vénézuélienne de Caracas, qui vient de fêter ses 22 ans (gloire à elle), a été sacrée Miss Univers. Ainsi, au rayon des beautés surfaites, artificielles et sans vie le Venezuela est roi! Une fois de plus...
Eh oui, le Venezuela, paradis des beautés latines en tous genres – et son corollaire de putes qui se vendent bon marché à Porlamar et cher à El Agua –, a encore frappé... A la face du monde ébahi (mais maintenant habitué), le pays d'Alí Primera, de Fernando Baez et de Robert Ganzo s'est une fois de plus distingué avec ses pulpeuses égéries du nez pincé au bistouri, de la lèvre supérieure gonflée au caoutchouc et aux seins balconisés à la pompe à vélo, étonnamment bien peu basanées pour des sud-américaines.
Triste réalité, donc: le Venezuela, pays de la nature s'il en est, de l'air pur des Andes au bleu-vert des Caraïbes, des Indiens waraos et de la force sauvage de l'Orénoque, vend ses beautés féminines comme du vulgaire savon à barbe! Bien-sûr, les Vénézuéliens sont fiers, très fiers, de la beauté de leurs femmes, tandis que les étrangers expatriés se félicitent d'avoir élu domicile dans ce merveilleux pays où ils peuvent se répandre entre les cuisses fraîches, cannelles et accortes des demoiselles qui comptent parmi les plus sexy du monde. Et souvent pour pas un rond, ou si peu.
Pourtant... la plupart des vénézuéliennes tombent enceintes dès l'âge de 12 ans, fertilisées par des mâles très fiers de procréer à tout va comme de vrais Hommes. Planning familial? Surtout pas... les filles, même à 12 ans, sont déjà très sûres de leur choix: avec un chiard dans les pattes elles sont assurées de rester chez papa-maman et surtout d'éviter l'école!
A l'école, justement, quand les gosses n'y vont pas les trois-quarts du temps, personne ne dit rien, mais les maîtresses font passer des mots aux parents pour qu'ils envoient leur progéniture pour la fête de fin d'année: il ne faudrait surtout pas manquer LA FIESTA... Le reste, pas grave, le fils pourra toujours travouiller ou fauchouiller pour s'en sortir, et la fille... ben, la fille, elle n'aura qu'à aller à El Agua, y a plein de touristes qui n'attendent que ça!
A l'école, toujours, lors de la fête de fin d'année, les gamines de 5 ans (déjà), habillées comme des poufs par leurs parents, se dandinent comme des putasses au son d'un reggaeton poussé à 3000 watts. Les hanches se tendent, les petits-culs frottent les mini-bites de leurs partenaires de jeu, et les mains dansent en l'air avec des signes de "viens-seulement-me-troncher-qu'on soient-de-vrais-Venez". A la rentrée, pas de souci, il y aura des cours de prévention des maladies sexuellement transmissibles et des explications détaillées de grossesses précoces.

En 2008, donc, le modèle est toujours gagnant, alors pas de raison que ça change: continuons de valoriser l'esthétique et à nous trémousser pour faire bander les coqs... Viva Venezuela !!!