vendredi 25 juillet 2008

Les paradoxes du Venezuela


Comme tous les pays, le Venezuela est un pays bourré de paradoxes, mais comme le souligne notre inestimable ami, il y a tout de même quelques exceptions. Cette mise en garde établie, voyons donc de quelles contradictions est faite la société locale...
Richesse-Pauvreté:
Malgré que ce pays soit l'un des plus riches en matières premières, le premier regard que l'on pose sur lui en arrivant est choqué par la pauvreté et la saleté ambiantes. Normal, personne ne lève le plus petit doigt pour simplement bosser. Ici, la loi du plus laxiste domine, c'est à celui qui en fera le moins possible. Certains travaillent, certes, lorsque la bière vient à manquer ou si pour une raison ou une autre il y a nécessité, mais sinon c'est le hamac ou la chaise au bord de la route, à regarder passer les piétons et les voitures. C'était déjà le cas sous Christiophe Colomb (lisez donc son journal de bord, c'est édifiant), ce qui prouve que les Espagnols n'ont pas amené grand chose à la race préexistante dans la région, qui, rappelons-le au passage, ne connaissait ni le travail du fer, ni l'écriture, ni même la roue à l'arrivée des méchants conquistadores (attention, on va encore se faire incendier par les "touche pas à mon pote Vénèze"...). Bref, les infrastructures publiques – et privées – sont donc laissées à l'abandon, c'est bien trop d'efforts de les entretenir. Il est bien plus simple d'attendre que tout s'écroule et de reconstruire derrière, surtout avec la manne du pétrole qui n'est pas prête de s'épuiser.
Gentillesse-Insécurité:
Les gens dans le pays sont très gentils, rien ne sert de le nier. Aimables, serviables, jamais malintentionnés... Vraiment? Le trait caractéristique de la société vénézuélienne est pourtant l'opportunisme. Entre eux, déjà, mais surtout face aux étrangers, bien sûr, l'opportunisme est une loi. Chacun doit trouver le moyen de profiter des autres, pour éviter d'avoir à travailler ou fournir des efforts. Un expatrié de longue date disait un jour: «Ici, il faut veiller à ne pas devenir l'opportunité des autres...» Dans une famille de 10 ou 12 personnes, il n'est pas rare qu'un seul d'entre eux travaille et fasse donc vivre les autres. Personne ne dit rien, la chose est acceptée, c'est la norme. Bien entendu, cela engendre de la rapine, du vol et autres joyeusetés; on peut difficilement passer son temps à claquer du fric au Sambil sans un minimum fournir d'efforts pour se faire un salaire! Au rayon des brigandages et des secuestro express, le Venezuela est ainsi passé roi, avec l'aval de la police, qui est loin de chercher à intervenir, surtout quand les victimes sont des étrangers pleins aux as...
Serviabilité-Inefficacité:
La serviabilité et la solidarité sont des mythes au Venezuela, et surtout à Margarita. Ici, les gens ne vivent que pour eux, sans jamais se préoccuper de ce que vivent les autres. C'est vraiment à chacun sa merde et les chèvres seront bien gardées, une réalité vérifiable à tout instant dans tous les pans de la société. Alors comment expliquer l'apparente serviabilité des autochtones, par exemple lorsqu'ils vous dépannent au milieu de la route sans compter leur temps? Simple, c'est pour 2 raisons qui n'ont strictement RIEN à voir avec la serviabilité:
1) La curiosité... Ici il faut voir, savoir, comprendre ce qui se passe chez les voisins ou les passants. Bien plus que n'importe où ailleurs, le Vénézuélien moyen, et surtout le Margariteño, insulaire par définition, veut mettre son grain de sel dans tout ce qui passe à sa portée. Alors une bagnole en rade, c'est une conversation familiale assurée pour plusieurs heures à son retour chez lui... Ne parlons pas de si le mec dépanné est un étranger, avec une bagnole exotique ou hors de prix: le must!
2) Le temps ne compte pas, alors s'arrêter pour voir ce qui se passe ne lui coûtera rien et le détendra pour la journée. En plus, ça lui donnera une excellente excuse pour arriver en retard à son boulot ou poser un lapin – le sport national – à un rencart.
Machisme-Soumission:
Comme tout pays latino qui se respecte, le Venezuela est truffé de machos et les gonzesses adorent ça. Pour emballer une nana, ici, faut assurer côté roulage de mécaniques, sinon on est considérés comme de vulgaires tarlouzes. A moins, bien sûr, que l'on n'ait recours à quelque jeune fille consentente pour quelques bolivars, auquel cas celle-ci ne fera pas trop d'histoires devant les manières un brin efféminées (lisez "galantes") de son compagnon d'outre-Atlantique.
Contrairement à ce que pensent la plupart des expats qui ne vont que très rarement voir ce qui se passe chez le populo local, les hommes n'entretiennent en rien le foyer... En fait, lorsqu'ils ont du taf, les mecs filent un chouïa de leur revenu à leur nana et gardent le reste pour aller se payer des bières avec les potes. Si le foyer tourne, si les gosses ont des vêtements, si la famille ne crie pas famine, c'est juste parce que les gonzesses économisent comme des souris sur les maigres pépettes que leur allouent leurs généreux maris. En public, par contre, c'est le mec qui paie, quoi qu'il arrive, et même dans le cas où le gars n'aurait plus un rond pour ramener sa greluche en taxi, cette dernière ne sortira pas un bolo pour l'aider, même si elle a sa cagnotte personnelle sur elle. Idem pour les bonnes manières et la politesse envers le sexe faible: ici tout n'est que paraître, encore et toujours... A la maison, la gnôle aidant, les tartes volent bas et la tromperie est monnaie courante!
Modernité-Ancienneté:
ici, les vieilles bagnoles américaines côtoient sans vergogne les derniers modèles de chez Peugeot ou Chevrolet: normal, c'est une question de blé! Les nantis ne se privent pas d'afficher devant le peuple ébahi les millions de salaires qu'ils se font grassement sur le dos du citoyen lambda chaque mois. En revanche, les peigne-culs ont aussi maintenant de quoi s'équiper quasi gratoche grâce aux nombreuses aides et subventions de Papa Chávez, qui n'hésite pas à octroyer des crédits à la pelle ou à payer la moitié des nouvelles bagnoles pour les gagne-petits.
Respect-Incivilité:
A Margarita, tout le monde se fout de tout le monde, l'a-t-on déjà dit? En conséquence, c'est pas la politesse qui risque d'étouffer le peuple local. Surtout que la politesse est étroitement liée à l'éducation et que, comme on l'a déjà sous-entendu, c'est pas le point fort des autochtones... Résultat, personne ne dit jamais "bonjour" ou "merci", les services sont déplorables dans tous les commerces, les gens se tirent la bourre dès qu'ils peuvent, se font des queues de poisson à la moindre occase. Ici, tout est dû à tout le monde: rien ne sert de demander poliment, y a qu'à exiger, voire faucher. Tellement plus simple et plus accomodant! Par contre, comme expliqué précédemment, ATTENTION AU PARAÎTRE: donc il convient de faire semblant d'être des gens biens, donc il n'est pas question d'élever la voix ou de s'insulter... On n'est pas des sauvages, tout de même!

6 commentaires:

Anonyme a dit…

il n' y a pas de doute vous êtes vraiment au Vénézuéla lol

Anonyme a dit…

Excellent !!! ça change des posts du lamentable site d'en face... De plus, ça devient rare les sites ou on n'a pas a passer par une escouade de modérateurs pour nous censurer les messages.

Longue vie!

Anonyme a dit…

Comme toujours très pertinent... Quoique la langue est parfois un peu difficile à avaler! Dommage, ça noie un peu le propos de fond en donnant le sentiment qu'il n'y a que de la vulgarité gratuite!
Eric

Unknown a dit…

C'est vrai, bravo pour la liberté d'expression. C'est sympa de pouvoir mettre en live son commentaire sans la censure !

Anonyme a dit…

Une seule question me vient à l'esprit ci je peux me permettre à part le FISC (ici on va dire les impôts en France) que faites vous tous là bas ???? Enfin soyons sérieux messieursssss ne nous faites pas croire que vous etes malheureux là bas ! ou alors y a plus de retour dans vos pays et là alors ......

Anonyme a dit…

De quoi y parle, sui-là? Donc si je comprends bien, tous les expats sont des repris de justice ou des touristes...